vendredi 23 septembre 2016

«Regarde-les bien, ces déracinés...»



«Regarde-les donc bien,
ces apatrides...»
«Regarde-les bien, 
ces déracinés...»
«Regarde-les bien, 
ces hommes entassés 
à l'arrière du bateau...»
Invitait déjà 
l'Autrichien Stefan Zweig...















«Regarde-les donc bien, ces apatrides, toi qui as la chance de savoir où sont ta maison et ton pays, toi qui à ton retour de voyage trouves ta chambre et ton lit prêts, qui as autour de toi les livres que tu aimes et les ustensiles auxquels tu es habitué. 

Regarde-les bien, ces déracinés, toi qui as la chance de savoir de quoi tu vis et pour qui, afin de comprendre avec humilité à quel point le hasard t'a favorisé par rapport aux autres.

Regarde-les bien, ces hommes entassés à l'arrière du bateau et va vers eux, parle-leur, car cette simple démarche, aller vers eux, est déjà une consolation;
et tandis que tu leur adresses la parole dans leur langue, ils aspirent inconsciemment une bouffée de l'air de leur pays natal et leurs yeux s'éclairent et deviennent éloquents.»




Stefan Zweig


(1) Zweig Stefan, Voyages, Belfond, Paris, 1902-1939.


mardi 20 septembre 2016

Congo Kinshasa. Le risque de l'implosion






















La République          
démocratique          
du Congo          
est au bord du précipice.          
S'alarme          
Human Rights Watch.          
Qui, dans un rapport (1)          
publié ces jours-ci,          
conjure          
de mettre fin          
à la répression          
et de promouvoir          
les principes          
démocratiques.          
Des          
recommandations          
qui résonnent          
comme          
des supplications...          


«Les décisions du gouvernement de la République démocratique du Congo concernant sa prochaine élection présidentielle seront cruciales pour l’avenir du pays.»
Ainsi s'exprime Human Rights Watch
Dont le rapport résume des recherches menées ces deux dernières années.
Soit une période au cours de laquelle le gouvernement n'a pas lésiné sur la répression à l'égard des activistes autant que des dirigeants et membres des partis qui se sont opposés à la prolongation de la présidence de Joseph Kabila au-delà de la limite constitutionnelle fixée à deux mandats et prenant fin le 19 décembre 2016. 
Au-delà de l'analyse, le document y va aussi de ses «recommandations pour dissuader d’autres violations des droits humains et empêcher une crise plus large dans les semaines et les mois à venir.»

Dialogue national: info ou intox? 

«Un "dialogue national" dirigé par le gouvernement est censé présenter son accord final dans les prochains jours, rappelle l'association
La plupart des principaux partis d’opposition n’ont pas participé à ce processus, le considérant comme un stratagème pour retarder les élections et permettre au Président Kabila de se maintenir au pouvoir. 
Des activistes et des groupes d’opposition ont appelé à des manifestations à l’échelle du pays, et ce à partir du 19 septembre, soit trois mois avant la fin du mandat de Kabila et au moment où, selon les exigences de la constitution, la commission électorale doit annoncer les élections présidentielles.»

Répression faite 

«La répression gouvernementale a connu une forte hausse dans les jours menant aux manifestations projetées. 
Dans la capitale, Kinshasa, au moins une dizaine des jeunes activistes pro-démocratie ont été arrêtés après une réunion tenue le 15 septembre sur la non-violence, la paix, et le respect de la constitution. 
Ils sont détenus par l’agence nationale de renseignements, sans inculpation et sans accès à leurs familles ou à des avocats.
Le 16 septembre, des policiers dans la ville de Lubumbashi, au sud-est du pays, fait usage de gaz lacrymogène et, plus tard, tiré à balles réelles pour disperser des membres de partis d’opposition qui se réunissaient pour préparer les manifestations du 19 septembre. 
Certains participants de la réunion ont répondu en lançant des pierres, en brûlant des pneus, en bloquant des rues, puis en pillant plusieurs commerces et bureaux. 
Des dizaines de personnes ont été arrêtées tôt le lendemain matin.
Le 17 septembre, des policiers et des agents des services de renseignements ont arrêté un activiste des droits de l'homme, Patrick Pindu, à son domicile à Kinshasa, peu de temps après avoir participé à une réunion de la société civile sur les élections. 
Il a été libéré le lendemain sans inculpation, sous condition qu’il se présente à l’agence de renseignements tous les 15 jours.» 

La croisée des chemins 

«Pour contribuer à prévenir la violence, les représentants du gouvernement et les membres des forces de sécurité devraient respecter les droits des personnes aux libertés d’expression et de réunion, et autoriser le déroulement de manifestations pacifiques et de meetings politiques. 
"Les décisions que le Président Kabila et son gouvernement vont prendre dans les prochaines semaines peuvent faire toute la différence pour l’avenir de la R.D.C., a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. 
Il s’agit d’une opportunité cruciale de consolider la démocratie, l’État de droit, et les droits humains dans le pays. 
Tout profit, le cas échéant, pour le futur.
Celui du Congo lui-même.
Et celui de la région toute entière."» (1)






mercredi 14 septembre 2016

Nuit debout. Divergence des luttes?







































C'était en 2011.
Projet relationnel se penchait
sur les cas des Indignés.
Et mettait le doigt
sur plusieurs difficultés,
dans le fond et dans la forme.
Indignation aussi confuse
qu'hétérogène et disparate.
Engagement trop réactif
et trop peu défini,
tant dans son intensité
que dans son objet.
Pour faire bref,
la nébuleuse s'agrégeait 

davantage dans le rejet que dans le projet.
Et péchait, du coup, par manque de colonne vertébrale.
Cinq ans plus tard,
Nuit debout
allait-il tirer les leçons
de ce (relatif)
constat d'échec?
A lire Gazette debout (1),
il semble bien que non...




«Après bientôt six mois à observer le phénomène Nuit Debout et ses satellites, certaines problématiques majeures ressortent clairement. 
Où faut-il aller? 
Comment les décisions sont-elles prises? 
On retrouve aussi un sujet récurrent: celui des multiples désaccords qui s’expriment au sein des discussions et qui tournent parfois au déchirement. 
Les affrontements peuvent prendre le dessus et donnent de malheureux résultats. 
Il y a des irréconciliables à Nuit Debout, les débats n’y sont que plus passionnés.

Ces sujets de désaccords sont nombreux. 
Certains restent persuadés que ces mésententes sont uniquement politiques, mais il existe aussi des querelles de pouvoir, des affaires personnelles et des préjugés naturels qui alimentent certains conflits. 
Il faut aussi parler des lourdes responsabilités de celles et ceux qui prennent position, des responsabilités qui les amènent à l’épuisement, ou à l’explosion.

Il y a d’abord un courant anarchiste à Nuit Debout qui trouve tout le plaisir d’exprimer sa liberté d’expression, sa liberté d’inventer un nouveau modèle et sa liberté de désobéir dans la dignité. 
Il faut que notre monde ait pris bien des restrictions pour que quelques amoureux de la liberté soient contraints à se réunir sur les places publiques pour retrouver un souffle. 
Les anarchistes sont les premiers à avoir compris les mécanismes politiques et humains à Nuit Debout, et cela dès les premiers mois.

On trouve ensuite un courant humaniste, dont je fais partie, qui affirme sa volonté de «laisser faire le mouvement social» dans le sens de l’acceptation des revendications des uns et des autres, dans la continuité d’une philosophie ancrée dans le réel. 
Lorsque des milliers de citoyens se réunissent sur les places publiques pour s’entendre, c’est qu’il y a bien un problème à identifier. 
On croise de nombreux intellectuels à Nuit Debout qui comprennent la force du mouvement à élever la conscience générale, celle qui libère des fausses certitudes et des soumissions. 
Ce mouvement de construction de la pensée politique est nécessaire à notre quotidien. 
C’est en Nuit Debout qu’est apparu un nouveau sens de la liberté, un savoir tout particulier qui amène chacune et chacun à l’émancipation.

S’est également attaché à Nuit debout un mouvement «patriote», qui ressent dans cette impulsion des perspectives pour la France contraires à celles de la tyrannie et des programmes autoritaires.
Aujourd’hui la démocratie est asphyxiée, les patriotes ont vu un intérêt général à la réoxygéner. 
Un tabou s’est imposé au fil des mois sur la dimension nationale du mouvement, avec une certaine hantise du drapeau français et de l’héritage républicain; c’est ce qui a rendu une part non méprisable des participantes et des participants silencieux. 
En s’ouvrant, on constate que la dimension locale est fréquemment mise de côté au profit d’une ambition plus large. 
Ce courant démocrate reste assez ancré dans le mouvement, avec l’idée qu’il y aurait en Nuit debout l’avenir du pays dans ce qu’il a de plus constructif.

Nuit Debout est très majoritairement traversée par un discours anticapitaliste, mais celui-ci reste très mesuré, presque effacé. 
Un vrai mouvement anticapitaliste amène des décisions majeures, et une remise en question de l’exhibition capitaliste. 
On pourrait envisager un véritable combat contre l’exaltation du capitalisme tant celle-ci entrave les libertés. 
Ceux qui ne prêtent pas allégeance au culte populaire du capital deviennent immédiatement les ennemis de la nation. 
Dans une époque où la laïcité contraint à pratiquer ses cultes chez soi, les utopies capitalistes ne devraient pas être répandues en lieu public; Nuit Debout reste cependant très discrète sur ce terrain-là, se positionnant plus aisément contre le gouvernement en place ou pour des réformes du code du travail.

Il existe enfin une autre tendance, celle des participantes et participants qui ne croient absolument pas en la capacité de Nuit Debout à proposer un nouveau modèle de société. 
Il y a celles et ceux qui considèrent que Nuit Debout est un simple terrain de jeu
Ce sont des individus qui n’adhèrent pas au message politique, mais ils ont trouvé dans ce mouvement ce qu’ils n’ont pas trouvé ailleurs: un lieu commun où s’intégrer enfin. 
Ils n’ont pas conscience des enjeux, ils les ignorent, mais savent qu’ils trouveront là ce dont ils ont besoin pour vivre. 
Leur présence est sincère, c’est le désir de participer à ce qu’il se passe aujourd’hui.

Récemment, des propositions ont été faites pour dépasser les désaccords. 
Nous ne pourrons pas échapper aux questions les plus préoccupantes. 
À la Nuit debout de Paris, une Commission médiation s’est créée mercredi dernier, le 7 septembre, afin d’anticiper les conflits. 
D’autres ont proposé de créer un organe décisionnaire qui oblige chacune et chacun à accepter un consensus. 
Tout bouge, rien n’est immobile. 
Les débats reprennent à Nuit Debout, et nous ne sommes pas sûrs de ce qui en ressortira demain.» (2)


Alan Tréard 
pour la Gazette debout (1)


(1) Gazette debout est le journal indépendant de Nuit debout.
(2) Le message ci-dessus est repris intégralement de Tréard Alan, Confrontations à Nuit debout, in Gazette debout, 13 septembre 2016. 




samedi 27 août 2016

«Daesh et sa force de frappe, c'est assez flippant...»














Comment Daesh s'appuie
sur un imaginaire
largement répandu
dans les communautés
musulmanes.
Un petit témoignage (1) 
valant parfois mieux 
qu'un long discours,
retenons ici celui d'un Nantais.
Simple quidam, sans doute.
Mais brillamment clairvoyant.




«Daesh et sa force de frappe, c'est assez flippant...

J'ai téléchargé et lu le dernier numéro de la revue du dénommé "Etat islamique" (Dar al islam n° 10), et je partage rapidement quelques impressions. 
La revue est élaborée selon les canons de la mise en page avec, malheureusement, un design qui accroche bien l'oeil, surtout pour un public jeune habitué à certains personnages guerriers.

Aussi, force est de constater que cette revue est loin d'être écrite par des rigolos: dans un français parfait avec juste ce qu'il faut de langage familier, les rédacteurs exploitent un univers de sens parfaitement connu des musulmans, en tout cas tel que diffusé par les leaders religieux. 
Toutes les dernières informations françaises sont connues et maîtrisées: les débats sur le terrorisme, les prises de positions des politiques et des responsables musulmans, et j'en passe.

Dans la revue, les rédacteurs mettent au défi ouvertement les autorités musulmanes françaises, qualifiées en gros de larbins incultes, d'invalider les arguments de l'Etat islamique, avec une rhétorique très claire et des sources juridiques musulmanes complètement traçables. 
Je passerai sur toute la mise en scène du martyre, l'instrumentalisation de faits historiques connus, de l'histoire des premiers musulmans, etc.: ce serait assez indécent.

Franchement, je dois avouer que ce dernier numéro me laisse un goût amer: lorsque j'étais jeune militant islamiste, je reprenais à peu près la même rhétorique eschatologique et millénariste (pour ceux qui ne connaissent pas ces mots prière d'aller chercher dans le dictionnaire) pour désigner les nations qui s'en prenaient à la "communauté musulmane" et qui périront de la main de Dieu via la mains des pieux guerriers musulmans.

Au cours des années 1990, dans des cercles d'études j'assistais à des discussions où l'on validait la notion d'"opérations martyres" en Israël, en considérant que non seulement c'était l'arme du pauvre face au géant militaire, mais que ces opérations avaient des bases juridiques musulmanes parfaitement légales et des textes parfaitement clairs. 
Je me souviens de personnes, dans ces cercles, qui faisaient l'apologie des opérations suicides et des meurtres de civils en Russie commis par les résistants Tchétchènes. 
Ces mêmes personnes, après avoir conforté le départ de jeunes en Bosnie pour faire de l'humanitaire, durant l'invasion serbe dans les années 1990, seront pris au dépourvu quand ces jeunes formeront le fameux gang de Roubaix et qu'ils retourneront les arguments contre ces "responsables musulmans qui disent mais qui ne font pas".

Oui, c'est dur à dire mais quand je lis dans ce magazine de Daesh les fameux vers de poésie attribués au compagnon Abdallah ibn Rawâhah... 
"J'ai juré, Ô mon âme, que je t'amènerai au combat, même si je vois ta répugnance à y aller.
Si tu n'es pas tuée au combat, tu mourras bien un jour...".
Eh, bien! Quand je lis ces vers aujourd'hui, je me remémore avec des frissons de remords tous ces moments où moi-même, dans ma vingtaine, je les chantais à tue-tête en écoutant une cassette audio de Abu Ratib (les anciens comprendront) en me réjouissant de l'odeur de la mort...

C'est pour cela que je combattrai cette idéologie mortifère, mais je mettrai dans le même temps au pied du mur ceux qui prétendent combattre Daesh tout en demeurant, finalement, dans le même univers de sens et la même sémantique.» (1)


Omero Marongiu-Perria


(1) Merci à Omero Marongiu-Perria d'avoir produit ce témoignage. Merci aussi à Michaël Privotislamologue bien connu de l'Université de Liège (ULg), de nous l'avoir fait découvrir.   




dimanche 21 août 2016

Faire de nos âmes divisées une âme entière...



















«Où trouver l'air                        
qui fera                          
de l'homme obscur                            
un homme lumière                              
et de nos âmes divisées                                
une âme entière?»                                  
Se demande Michel Jonasz (1).                                    
En question subsidiaire                                      
de son interrogation principale:                                        
«Où est la source?» (2)                                           





          









«Des sentiers bleus de lavande
          jusque sous les pins des Landes,
          où le vent m'a caressé,
          j'ai cherché.

        Le long de l'Hérault tranquille,
        dans les rues grises des grandes villes,
         sous la voûte céleste étoilée,
         j'ai cherché.

        Aux merveilleuses fins d'automne,
        quand la couleur des feuilles donne
        aux arbres leur merveilleuse clarté,
        j'ai cherché.

       Terre humide sous mes épaules,
       à l'ombre des larmes d'un saule,
       sur l'herbe tendre allongé,
       j'ai cherché.

      Les jours passés me reviennent,
      parfum d'une forêt vosgienne,
      rivière où j'allais pêcher,
      j'ai cherché.

     C'est ma soeur âme, ma frangine:
     la neige, oh! la neige divine,
     chantait sous mes pas d'écolier,
     j'ai cherché.

    Hier enfant dans ma chambre,
    à l'aurore aux couleurs d'ambre,
    pressentant le grand mystère,
    j'ai cherché.

   Plus tard aux premières conquêtes,
   à l'heure des premiers baisers,
   si troublante qu'il ne m'en reste
   rien d'autre que le besoin d'aimer.
   Quand tout le reste s'arrête,
   j'ai cherché.

  Où est la source?
  C'est une étoile sous la mer.
  C'est la Grande Ourse.
  Un voilier blanc sous l'azur
  qui poursuit sa course.
  Où est l'eau pure?

 Où trouver l'air
 qui fera de l'homme obscur
 un homme lumière,
 de nos âmes divisées
 une âme entière?
 Où est l'eau qui désaltère?

Dans la garrigue en Provence,
en Inde sous le ciel immense,
au soleil de février,
j'ai cherché.

La nuit langoureuse lascive,
enveloppant toute âme qui vive
d'une éternelle infinité,
j'ai cherché.

La nuit lumière indicible,
où l'on perçoit l'invisible,
où se dévoile enfin
l'éternité.

Dans les rêves où tout arrive,
où l'on peut voir l'autre rive
et s'envoler de l'autre côté,
j'ai cherché.

Terre humide après l'averse,
par les chemins de traverse,
au cœur des vastes Cévennes,
en été.

Respirant aux heures propices
le souffle des muses inspiratrices,
dans mes chansons sur la scène,
j'ai cherché.

Le berceau originel,
le foyer universel,
partout sur la Terre,
j'ai cherché.

Et c'est ma dernière conquête,
c'est mon ultime volonté,
dans mon corps et dans ma tête,
rien d'autre
que le besoin d'aimer,
dans l'infini bonheur d'être,
j'ai cherché.

Où est la source?
C'est une étoile sous la mer.
C'est la Grande Ourse.
Un voilier blanc sous l'azur
qui poursuit sa course.
Où est l'eau pure?
Où trouver l'air
qui fera de l'homme obscur
un homme lumière,
de nos âmes divisées
une âme entière?
Où est l'eau qui désaltère?

C'est elle en moi, ce feu qui brûle.
C'est elle, ce besoin d'aimer.
Elle en moi qui coule, et chaque cellule
contient l'infinie liberté.
C'est elle en moi, ce feu qui brûle.
C'est elle, ce besoin d'aimer.
C'est elle en moi, ce feu qui brûle.
C'est elle, ce besoin d'aimer.
» (2)


Michel Jonasz (1) 


(1) Le chanteur/compositeur français Michel Jonasz a commencé comme pianiste. Il a participé à plusieurs groupes («Kenty et les Skylarks», «Lemons») avant de fonder sa propre formation («King Set»). Il connaît alors ses premiers succès radiophoniques avec les titres «Apesanteur» et «Jezebel». Mais c'est en 1974 que sa carrière décolle réellement grâce à deux tubes: «Dites-moi» et «Super Nana». Depuis lors, le musicien a enchaîné les succès, avec des albums comme «La Nouvelle Vie», «Unis vers l’uni» et le retentissant «La Boîte de jazz», «La Fabuleuse Histoire de Mr Swing» et «Où vont les rêves?».
(2) Jonasz Michel, Où Est La Source?, Musique Des Anges, 2007.



lundi 15 août 2016

Beni. Encore et encore...



Ce samedi 13 août 2016, 
les massacres ont débuté en fin d'après-midi 
et n’ont pris fin que le lendemain, à l’aube. 
Coûtant à nouveau la vie 
à des dizaines de femmes et d'hommes. 
Dans la périphérie de Beni
à l'est de la République Démocratique du Congo, 
des assaillants armés avaient surgi 
pour tuer et incendier. 
Et les rebelles ougandais 
des Forces démocratiques alliées 
d'être pointés du doigt.
Sans surprise.
 Car l'ADF n'en est pas 
à son coup d'essai dans la région. 
On se souvient notamment de Ngadi 
(une trentaine de morts, le 15 octobre 2014). 
Et de Mavivi 
(une cinquantaine d'autres, le 21 novembre suivant).
Cette fois, des manifestations de colère ont éclaté, 

la population réclamant qu'on la protège.
Et du côté des représentants de la «société civile», 
l'heure est autant aux questions 
qu'aux revendications.
 Ils demandent en effet 
qui (1) la démission du Premier ministre 
et du ministre de la Défense 
qui (2) le départ d'un président Kabila
accusé d'incapacité, de passivité, 
voire même de complicité
En attendant, 
un deuil national de trois jours a été décrété, 
à partir de ce lundi 15 août.
Projet relationnel s'y associe.


(1) Notamment les différentes composantes de la «société civile» (appellation dont on précisera/rappellera qu'elle  n'est pas toujours appréciée au sein des mouvements sociaux africains) du Nord Kivu qui se sont réunies ce lundi 15 août 2016.
(2) La question d'une complicité des plus hautes autorités de l'Etat congolais est explicitement posée, entre autres, par le Front Citoyen de Floribert Anzuluni (voir, pour information, le communiqué ci-dessous).


Communiqué du Front Citoyen 2016


Nouveaux massacres à Beni

Le Président Kabila, 
garant de l'intégrité territoriale, 
doit démissionner ou être poursuivi pour haute trahison!!!


Le Front Citoyen 2016 est, une fois de plus, consterné par les nouveaux massacres survenus à Beni dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 août 2016. 
C'est le résultat d'une énième incursion des présumés rebelles ougandais de l'ADF, au quartier Rwangoma, situé à l'extrême-est de la ville martyre de Beni, dans la province du Nord Kivu.

Ces crimes odieux, qui ont coûté la vie à des dizaines de compatriotes civils, parmi lesquels des femmes, surviennent seulement deux jours après que le Chef de l'État, Joseph Kabila, ait séjourné dans cette région. 
Il a à cette occasion rencontré à Kasese en Ouganda, son homologue Yoweri Museveni, et il a affirmé avoir pris des dispositions, en coopération avec les services de renseignements de ce pays voisin, afin que la population locale ne puisse plus revivre ce cauchemar.

Le Front Citoyen 2016 condamne, encore une fois, avec la dernière énergie, ces massacres inacceptables et exprime sa profonde solidarité avec les frères de Beni, tout en les rassurant d’un soutien indéfectible. 
Le Front Citoyen 2016 leur promet qu'il ne cédera pas à un silence coupable et ne baissera pas la garde jusqu'à ce qu'une réponse juste et responsable soit apportée et que leur droit le plus fondamental, celui de vivre paisiblement dans leur pays, soit intégralement recouvré.

Par ailleurs, le Front Citoyen 2016 note avec regret que le Président Kabila et son gouvernement, ont totalement échoué à ramener la paix dans cette région depuis plus d'une année, soit par mauvaise foi, soit par faiblesse, ou encore par complicité de leurs propres services de défense et de sécurité, au profit de l'ennemi, bien que le Gouvernement, à travers le ministre de la Communication et des Médias, vient de déclarer que ces massacres seraient le fait des groupes «djihadistes radicalisés ou islamistes» tout en sollicitant la solidarité de la communauté internationale. 
Cette intervention, peu convaincante, soulève les questions suivantes... 
Pourquoi ces attaques répétitives depuis plus d’une année n’ont-elles jamais été revendiquées par l’un de ces groupes? 
Qui sont-ils? 
Que revendiquent-ils en RDC? 
Qu’en est-il du refus par le Gouvernement de l’ingérence internationale dans les affaires internes de la RDC? 
Le Front Citoyen 2016 rappelle qu’il est à ce jour clairement établi que certains officiers supérieurs au sein de la chaîne du haut-commandement militaire de l’armée congolaise, tel que le général Mundos Akili qui est nommément cité dans le dernier rapport des Nations Unies, sont directement impliqués dans ces tueries qui ont coûté la vie à des centaines de compatriotes, ce qui expliquerait l’indifférence et le silence des institutions judiciaires et politiques congolaises. 
Ainsi, le Front Citoyen 2016 ne peut plus s'empêcher de conclure que le Président Kabila, commandant suprême des Forces Armées de la RDC et garant de l’intégrité du territoire, pourrait être le véritable responsable de l'insécurité dans cette région en vue notamment de pérenniser une terreur quasi-généralisée dans plusieurs coins du pays pendant cette période cruciale où les Citoyens congolais attendent avec impatience, la fin de son régime, et l'avènement de la première alternance démocratique au sommet de l'État.

Au vu de ces nouveaux massacres, le Front Citoyen 2016 va incessamment relancer Mme Fatou Bensouda, Procureure de la Cour Pénale Internationale, afin que cette dernière ouvre une enquête conformément aux critères du statut de Rome. 
En outre, au vu de la récurrence des faits ainsi que des soupçons de complicité, le Front Citoyen 2016 estime que le Président de la République doit soit démissionner, soit être poursuivi pour haute trahison conformément aux articles 165 et 166 de la Constitution.

Le Front Citoyen 2016 invite encore une fois, le peuple congolais tout entier, en particulier celui de l'Est du pays et les compatriotes de Beni, à se soulever contre toute démarche visant à pérenniser inconstitutionnellement le pouvoir actuel, qui a complètement échoué dans sa mission de sécurisation de la population, et qui a, par sa faiblesse politique, diplomatique et militaire, humilié notre pays aux yeux de la sous-région et du monde, alors que la RDC, par sa position, est appelée à jouer un rôle déterminant dans le développement de l'Afrique.

L’Alternance doit avoir lieu en 2016 !

CONGOLAIS TELEMA!!!


Pour les Citoyens rassemblés au sein du Front Citoyen 2016,
Floribert Anzuluni, Coordonnateur,
Jean Claude Katende, Porte-parole,
Carbone Béni Wa Beya, Coordonnateur/Coordination de Kinshasa.



vendredi 5 août 2016

Réduction du travail. N'en déplaise aux Shadoks...












Pour des millions 
de personnes, 
pas de travail du tout, 
ou pas assez 
pour en vivre. 
Pour des millions 
d’autres, 
trop de pression 
Comment sortir 
Un récent livre (1)
y va de ses solutions...


Comment combattre ce chômage endémique qui ronge la dignité, 
le présent, l’avenir, l’espoir?
En facilitant les licenciements? 
En assouplissant le Code du travail? 
Non. 
Il existe une autre voie. 
S’appuyant sur une analyse très documentée, 
tournent le dos 
à ces perspectives régressives 
pour en proposer une autre: 
provoquer un choc de solidarité 
en passant à la semaine 
de quatre jours. 
Ils montrent 
comment cette mesure est capable 
de créer massivement des emplois 
sans coût supplémentaire 
pour les entreprises 
qui s’engageraient dans cette voie. 
La seule qui soit en phase 
avec ce qu’Albert Einstein prédisait 
dès les années 1930. 
Et si Einstein avait raison?... (1)



(1) Larrouturou Pierre et Méda Dominique, Einstein avait raison. Il faut réduire le temps de travail, éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2016.
(2) Pierre Larrouturou est ingénieur agronome et économiste. Fondateur avec Stéphane Hessel du Collectif Roosevelt, il quitte le Parti socialiste en 2013 pour créer Nouvelle Donne. Il est notamment l’auteur de La gauche n’a plus droit à l’erreur (avec Michel Rocard, Flammarion, 2013) et de Non-assistance à peuple en danger (Fayard, 2015).
(3) Dominique Méda est professeure de sociologie à l’Université Paris-Dauphine, directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales et titulaire de la chaire «Reconversion écologique, travail, emploi et politiques sociales» au Collège d’études mondiales. Elle est notamment l’auteure de Réinventer le travail (avec Patricia Vendramin, Presses Universitaire de France, 2013) et de La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer (Champs-Flammarion, 2014).